Un court historique du BPM – Sixième partie

13 juin 2006

dans BPM

Un court historique du BPM – Sixième partie
sur une idée originale de Sandy Kemsley

Un court historique du BPM – Sixième partie

Pour continuer cet historique du BPM, nous allons dans cette note parler de la confusion qui a régné lorsque la convergence entre outils workflow et outils EAI a été relabellisée, par les principaux analystes tout d’abord, Business Process Management ou BPM. A partir de là, au lieu d’être perdus entre ce qu’était un outil de workflow et ce qu’était un outil d’EAI, les clients étaient en pleine confusion ne sachant plus quel produit servait quel besoin technique ou fonctionnel dans ce marché encore bien fragmenté.

Pour aggraver encore la confusion, ces mêmes analystes qui avaient regroupé tous les produits sous cette appellation BPM, commencèrent à créer des divisions fonctionnelles au sein même de ce nouvel espace. Par exemple voici le schéma publié dans ma note précédente sur lequel j’ai ajouté les éléments de taxonomie BPM tels que définis par le Gartner en 2003 :

Un court historique du BPM sixième partie

Ils appelèrent tous ces outils des « Suites BPM« , mais les classèrent en cinq catégories tout en laissant la majeure partie du marché tomber dans les catégories « pure-player » et « orientés applications »:

  • Les outils de BPM « orientés applications » gèraient les flux de système à système dans le cadre de l’intégration des processus impliquant plusieurs applications distinctes. A cette époque, les produits classés dans cette catégorie investissaient lentement le champ des applications de traitement des flux d’acteurs humains à acteurs humains mais manquaient cruellement de fonctionnalités orientées utilisateurs et conviviales.
  • Les produits classés comme « pure-player » disposaient d’un design et de capacités de connexion sans équivalent tant pour les aspects applicatifs purs que pour les aspects workflows orientés intégration. par exemple, en déclenchant un sous-workflow dans un autre système et en remontant le résultat du traitement dans le système maître. Il s’agissait des « super » outils de BPM, modélisant les processus transverses de l’Entreprise et de ses partenaires métiers, pas simplement les sous-processus internes à l’Entreprise, et incluant des outils de modélisation et d’analyse, des moteurs de gestion des règles métiers et des outils de simulation et d’optimisation des processus.

Pour faire simple, le Gartner (ainsi que les autres analystes suivis rapidement et de près par les éditeurs) rendirent les termes « workflow » et « EAI » obsolètes, et se mirent à classer tout ce qui se rapportait de près comme de loin à la gestion des processus dans la catégorie BPM. Ils scindèrent ensuite cet espace BPM en « BPM pure-player » et « BPM d’intégration », ce qui correspondait plus ou moins à la distinction faite précédemment entre workflow et EAI. Moyennant quoi, je suis sûre qu’ils placèrent allègrement de nombreuses nouvelles études et prestations de conseil à ce sujet.

Si j’en crois ce qui est écrit ci-dessus par Sandy, nous nous retrouvons donc bien toujours avec deux catégories de produits, ce qui finalement n’est pas une surprise puisque pour moi, la classification n’est pas tant liée à la définition qu’en donnent les analystes mais plutôt au rendu fonctionnel et technique que les clients attendent de ces outils. En quelque sorte, je dirais que la boucle est bouclée puisque les analystes donnent l’impulsion et jettent les bases, les clients se font leur idée au vu de ce qu’ils lisent et entendent et font le choix qui est le leur. Les analystes analysent … ce choix et précisent leurs définitions, tout va donc pour le mieux.

Keith Swenson a écrit une note ces jours-ci sur la désaffection liée au terme ‘workflow’ pendant cette période en raison des prouesses marketing des uns et des autres, un avis que je soutiens entièrement — à partir de l’année 2001, vous ne pouviez plus utiliser le mot ‘workflow’ dans une conversation avec des équipes IT sans que l’un d’eux vous considère comme faisant partie de « la vieille école ». Pour Keith, le fait est que BPM est maintenant devenu synonyme d’EAI ; je ne suis pas certaine d’adhérer à cette vision, mais je pense que le terme BPM est un des acronymes le plus souvent employé à mauvais escient et assurément un des plus mal compris aujourd’hui.

Je rejoins Sandy sur ce point. Pour moi aussi BPM et EAI restent deux domaines différents même si en effet on constate un recouvrement fonctionnel sur certains points. Pour autant les besoins adressés restent clairement distincts et les interlocuteurs aussi. Qu’on le veuille ou non, l’EAI s’adresse encore la plupart du temps aux équipes IT alors que le BPM concerne les LOB (Line of Business), utilisateurs métiers. Et je confirme également l’avis de Sandy sur la connotation presque péjorative liée au terme ‘workflow’, nous en sommes pratiquement à surveiller notre langage lors des interventions officielles afin de ne pas laisser penser que nous ne parlons QUE workflow alors que les autres parlent eux BPM !

A suivre avec « Les nouveaux arrivants » …


Retrouvez l’article original sur le blog de Sandy Kemsley

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